Seulement deux semaines avant que je reçoive cette lettre, en novembre, Bill et Tom sont déjà en vacances, chez leur mère, à Magdeburg (ville située en Allemagne). Dans leur salon aux murs ivoires, Bill est étalé, bras balants, sur le fauteuil, un peu trop tranquille au goût de Tom qui lui demande ce qui ne va pas.
-Ich weiß nicht, lui répond Bill avec lassitude. Ich fühle mich anbischön allein, seit ich hier angekommen bin. Ich dachte, dass ich zurück kommte und dass ich mit meine Freune Spaß hätte, aber ich bin nicht an meiner Bequemlichkeit mit ihnen.
(Traduction française pour mes petites paresseuses: Je ne sais pas, lui répond Bill avec lassitude. Je me sens un peu seul depuis que je suis arrivé ici. Je pensais revenir et avoir du plaisir avec mes amis, mais je ne suis plus parfaitement à l'aise avec eux.)
-Du, was du brauchst ist ein Mädchen!
(Traduction française: Toi, ce qu'il te faut, c'est une fille!)
Tom tente de détendre l'atmosphère, mais Bill ne décroche pas de son air morose.
-Ah! Tom! Hält sich an. Du weißt, dass das für mich schwieriger ist... Es gibt so sehr Mädchen um mich! Wie wird welches Mädchen zu wissen für mich gemacht?
(Traduction française: Ah! Tom! Arrête. Tu sais que c'est plus difficile pour moi... Il y a tellement de filles qui me tournent autour! Comment savoir laquelle est faite pour moi?)
-Come on, Bill! Du wirst das gute Mädchen finden. Ein Tag. Ich habe eine Idee! Wir könnten einen Wettbewerb organisieren. Gewinnen Sie eine zuvorkommende Verabredung mit Bill Kaulitz. Wir könnten große Plakate machen und deine Photooberfläche in allen großen Städten stellen! Ich bin sicher, dass das gut funktionieren würde! Das Mädchen, das zwischen Allen diesen Fans gewinnen wird, wird deine Schwesterseele sein!
(Traduction française: Allez, Bill! Tu vas trouver la fille qu'il te faut. Un jour. J'ai une idée! Nous allons organiser un concours. Gagnez un rendez-vous avec Bill Kaulitz. Nous allons mettre de grosses affiches, sur lesquelles il y aura ton visage en gros plan, dans toutes les grandes villes! Je suis certain que ça va très bien fonctionner! Cette fille, celle qui gagnera parmis toutes ces fans en délire, sera ton âme soeur!)
-Ja, Tom! Du dort weg nehmen Sie. Ich werde eine Dusche nehmen.
(Traduction française: Ouais, c'est ça, Tom! Tu vas chercher tes idées loin. Je vais me doucher.
Ce concept ne lui plait pas trop étant donné qu'un concours n'est pas le meilleur moyen de rencontrer une personne selon Bill... C'est une rencontre forcée. Et si la gagnante n'avait aucune affinité avec lui? Serait-il quand même obligé de lui accorder son temps? Quand même... Cepndant, il doit avouer qu'il n'a pas vraiment mieux à faire. Écrire des chansons ne lui prend pas beaucoup de temps. S'il est inspiré, il peut en composer une en deux heures. C'est déjà le douxième d'un album! Peu importe. Hors de question d'écouter les conseils de Tom. Ils ne recherchent pas le même genre de relations. Lui est un pur romantique qui recherche l'amour vrai et qui croit que la femme faite pour lui existe réellement. La seule. Tom, bien, c'est Tom. Une fille: une nuit. Bill espère que ça lui passera! Ressentir le plaisir de Tom , pendant qu'il dort, et si fort que ça le réveille en sursaut, le gêne au plus haut point. Il n'en a jamais parlé à son jumeau. Il se voit mal lui dire: «Tom, arrête d'avoir des orgasmes, tu m'empêches de dormir!» Tom, de son côté, ne peut pas vraiment savoir, car Bill ne fait l'amour avec aucune fille. Il l'a déjà fait, bien sûr, mais pas très souvent et ça le rend mal à l'aise d'en parler. Il espère seulement que Tom ne ressentait pas son plaisir pendant qui procédait à l'acte. Mais, si ça se trouve, pendant ce temps là, son dreadeux de frère était en train d'en fourrer une autre. Bill entre dans la salle de bain, se met nu. Il n'aime pas son corps. C'est vrai ce qu'on dit... qu'il est androgyne. Il frôle ses clavicules de ses doigts frêles. Il a presque peur de se faire mal. Il se regarde dans le grand miroir en face de lui. Il n'a aucun muscle, mais aucune graisse non plus. Juste la peau et les os. Il a beau manger... Rien n'y fait. Il regarde ses ongles et se dit qu'il doit vraiment paraître aux yeux du monde, comme un être d'une autre planète. Ça l'amuse, mais il n'aime pas son corps. Il aimerait bien avoir celui de Tom... Pas son style, juste son corps plus massif. Il verse une larme en se regardant. Il se sent triste sans raison en ce moment. Il doit se reprendre en main. Il va pour se retourner et entrer dans la douche, mais il vire la tête et regarde à nouveau le miroir. Il a des jolies fesses. Ça le console. Et son visage n'est pas mal non plus. Allez! Souris, Bill. Tu sais qu'il y a des centaines de filles qui te veulent dan leur lit, et ça, c'est grâce à ton minois coquin. Il fait craquer toutes les filles. D'ailleurs, le jeune homme se demande bien pourquoi... c'est bien vrai qu'il ressemble à celui d'une fille. La délicatesse de son visage lui plaît bien et tant pis si sa sexualité est souvent confondue! ... Il fronce le nez. Ça alors, il pue! Il doit vraiment se laver. Il entre dans la douche.
Pendant, ce temps, au salon, on entend l'eau couler. Tom appelle David, son gérant. Il est très enthousiate. David répond.
-Ja?
(Traduction française: Oui?)
-Guten Tag, David! Das ist Tom! Ich möchte, dass du mir ein Dienst verlangst.
(Traduction française: Bonjour, David! C'est Tom! J'aimerais que tu me rendes un service.)
-Ja?
(Traduction française: Oui?)
-Ich will, dass du einen Wettbewerb machtest, damit ein Fan eine Verabredung mit Bill gewinnen kann. Rufen Sie dieser Wettbewerb, wie du willst. Ich will soeben, dass Bill einem Mädchen begegnet. Er ist immer einzig.
(Traduction française: Je veux que tu fasses un concours, afin qu'une fan puisse gagner un rendez-vous avec Bill. Appelle ce concours comme tu veux. Je veux juste que Bill rencontre une fille. Il est toujours seul.)
-Bill weiß es? lui demande David, sceptique.
(Traduction française: Est-ce que Bill est au courant? lui demande David sceptique.)
-Ja, ja... répond Tom avec lassitude.
-OK. Das ist eine Verabredung, die dauert, wie viel Zeit? veut-il savoir, à titre d'information.
(Traduction française: D'accord. Combien de temps doit durer ce rendez-vous? veut-il savoir à titre d'information.)
-Ich weiß nicht. Wenigstens zwei Tage! Wenn ein Fan reist... Ich will, dass dieses Ziehen für alle fans der Welt ist, und dass sie aufs Geratewohl gezogen wird. Du kannst der Moment wählen. Jedoch wäre es, obwohl das bald ist, denn Bill s' langweilt.
(Traduction française: Je ne sais pas. Au moins deux jours! Si une fan se déplace... Je veux que toutes les filles du monde puissent participer à ce concours et que le tirage soit le fruit du hasard. Tu peux choisir le moment... Sauf qu'il serait bien que ce soit bientôt parce que Bill s'ennuie.)
-Ja! Bye!
-Bye, David!
Quatre minutes après le coup de fil, Bill redescend l'escalier vêtu simplement d'une serviette blanche à la taille, les cheveux perlés de gouttes d'eau qui tombent sur la moquette. Son jumeau lui sourit. Bill va mieux. Il se sent propre et prêt à attaquer une nouvelle journée. Il propose à Tom d'aller manger une Pizza. Ça fait trois jours qu'il a envie d'en manger une! Son frère lui répond qu'il devrait d'abord s'habiller, sinon il risque de se faire violer par une ou deux filles en traversant la rue. Bill, tout sourire, remonte les escaliers quatre à quatre et songe qu'il est très heureux d'avoir Tom auprès de lui. Il est seul à le comprendre et il se sent extrêmement bien en sa compagnie; mieux que s'il était seul. Il enfile un jean et un chandail. Met une ceinture et son collier d'argent massif dont le pendantif ressemble à une griffe de lion. Il ne prend pas la peine de se maquiller ou de se coiffer. Il dévale l'escalier en courant.. Son frère est déjà dehors. Bill glisse ses pieds dans ses souliers et... ouille! Ils lui font mal. Il a pourtant payé un prix de fou pour ces bottines! Tant pis! Pas le temps de changer de souliers. Tom l'attend. Il sort et verrouille la porte. La maison est maintenant vide et parfaitement paisible sans les jumeaux qui brassent l'air avec leur coeur et leurs cris se répercutant sur les murs, les meubles et les plantes... Leurs pas font trembler le sol et celui-là renverse les verres. Mais, sans eux, un seul éclat produit par un rayon de soleil et quelques minuscules particules de poussières qui tournoient dans la lumière. La maison des Kaulitz, sans eux, n'est plus elle-même.